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La télémédecine : une réponse à la désertification médicale

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La télémédecine : une réponse à la désertification médicale

Le phénomène de désertification médicale est en pleine accélération et pourrait continuer de croître dans les années à venir sans mesures radicales et concrètes. L’alerte est lancée, notamment par l’Assurance maladie en France. Mais la France n’est pas une exception, ce phénomène se retrouve partout en Europe.

Une population vieillissante 

En 2019, 11 % de la population, soit 7,4 millions de Français, habitait dans ces déserts médicaux, ce qui démontre une véritable inégalité dans l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire. En effet, une ville française sur trois se trouve en déficit de médecins généralistes. Bien que le nombre de médecins en activité ait augmenté de 93 % depuis les années 1980, la densité médicale continue de régresser avec le départ à la retraite des praticiens dans un pays où le vieillissement de la population s’accélère et où l’espérance de vie est en constante augmentation. Plus de 20 % des Français sont aujourd’hui âgés d’au moins 65 ans. D’ailleurs, un rapport de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) confirme bien que les déserts médicaux relèvent plus d’un problème de disponibilité des généralistes que d’un souci d’accessibilité géographique.

Il est d’autant plus difficile de répondre à la hausse de demande de soins et au manque de professionnels de santé que le numerus clausus limitait le nombre de futurs médecins jusqu’à septembre 2020. Aussi, les lieux hospitaliers sont insuffisants pour accueillir davantage d’étudiants stagiaires.  Mais parce qu’il devient de plus en plus urgent de répondre à l’enjeu de cette désertification croissante, la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé de 2019 qui vise à renforcer l’accès aux soins, supprime la PACES (Première année commune aux études de santé) et le numerus clausus pour répondre aux besoins du territoire.

Une faible attractivité des zones rurales 

Cependant, la régulation de la démographie médicale ne permettrait pas complètement de répondre aux déserts médicaux, notamment dans les milieux ruraux. Leur manque d’attractivité pour les jeunes médecins est également un indicateur de l’inexorable détérioration de la situation. Les nouveaux diplômés aspirent à un équilibre entre travail, vie privée et vie sociale, là où les milieux ruraux ont la réputation d’amputer l’aspect social de par l’absence de vie culturelle. Certains leviers d’action peuvent être actionnés pour attirer les jeunes médecins dans ces zones géographiques. À travers une communication et une sensibilisation auprès des jeunes diplômés et l’accompagnement des médecins plus expérimentés à l’accueil des stagiaires, les nouveaux médecins pourraient voir une véritable valeur ajoutée en termes d’expérience, tant sur le plan professionnel qu’humain. Une compensation financière serait également un autre argument pour accroître l’attractivité des zones manquant de médecins.

Ces zones en sous-effectif de médecins sont un problème affectant également les urgences médicales. Dans certaines régions de France, près d’un quart des interventions du SAMU (Service d’aide médicale urgente) demande des délais dépassant les 30 minutes. En situation d’urgence, des délais aussi longs limitent fortement la prise en charge à temps de patients dont les fonctions vitales sont altérées. Cela témoigne véritablement que tous les Français ne sont pas égaux face à l’accès aux soins. Des solutions adaptées doivent être repensées pour répondre au besoin de soins de proximité sur l’ensemble du territoire.

La téléconsultation pour faciliter l’accès aux soins 

Les autorités régionales et l’Association des maires de France, appellent à trouver des solutions pour stopper le déclin de la médecine rurale. Outre des incitations financières, il devient nécessaire de réformer le système de santé et de proposer des solutions innovantes.

Après de nombreuses années d’expérimentation et la prise en charge de la téléconsultation médicale par l’Assurance maladie, la téléconsultation suscite enfin l’adhésion des Français lors de la pandémie de la Covid-19. En effet, on enregistre 5,5 millions de téléconsultations réalisées lors du premier confinement de mars 2020. En mettant en évidence certaines failles du système de santé, la crise sanitaire a véritablement permis l’essor des pratiques de la télémédecine afin de conduire un diagnostic et un suivi des patients à distance. La télémédecine permet alors de répondre au manque de soins de proximité en milieu rural et au besoin de personnels soignants en EHPAD, facilitant grandement la vie des professionnels de santé et des patients.

Les actes de téléconsultation permettent d’accroître la disponibilité des praticiens en réduisant dans un premier temps leurs déplacements, d’optimiser la gestion de leur cabinet pour être plus réactifs à une patientèle plus large, et répondre à une demande de consultation de patients vivant dans les déserts médicaux. Les praticiens au sein des EHPAD ont considérablement diminué leur déplacement. Incontestablement, ces pratiques de la médecine à distance permettent de couvrir le territoire en termes de soins et de réduire les délais d’attente pour consulter.

Son caractère quasi instantané suscite de plus en plus l’intérêt des patients pour se faire diagnostiquer et suivre par ce moyen. La consultation à distance est un véritable outil qui peut réformer le système de santé en permettant de réaliser des diagnostics et des prescriptions, notamment pour des maladies chroniques ou des pathologies bénignes. Bien que la consultation en ligne ne puisse remplacer la consultation physique, elle a pour objectif d’offrir la chance aux habitants de contrer les obstacles logistiques comme les déplacements, ou encore les délais d’attente trop longs pour consulter un médecin généraliste et des spécialistes.

Longtemps marginalisée, aujourd’hui un spécialiste sur deux fait usage de la télémédecine et un citoyen sur cinq âgé de plus de 70 ans a recours à la téléconsultation. À travers ses solutions de téléconsultation et grâce à sa capsule permettant de réaliser un bilan de santé de manière autonome, Bodyo répond directement aux inégalités d’accès aux soins. L’AIPod et le Health Lounge sont un véritable moyen pour accroître l’offre de soins de proximité en offrant une consultation de qualité grâce à ses instruments qui permettent de réaliser un diagnostic qu’une téléconsultation classique ne peut offrir. Sa facilité d’utilisation reste un de ces nombreux avantages afin que tous les Français, quelle que soit leur commodité avec les nouvelles technologies puissent l’utiliser. Avec Bodyo l’accès aux soins pour tous devient plus qu’un principe mais une réalité.

Michaël Butacide – Tom Gauquelin – Rova Lam Kon Seng – Axel Martens – Abkar Toumasian

Sources :

https://www.lejdd.fr/Societe/voici-la-carte-de-france-des-deserts-medicaux-3896746

https://www.leah.care/blog/la-telemedecine-comme-solution-aux-deserts-medicaux/

https://www.ameli.fr/medecin/actualites/plus-d1-medecin-sur-2-recours-la-teleconsultation

https://www.labanquepostale.fr/hopitaux/actualite/telemedecine-solution-pour-lutter-contre-les-deserts-medicaux.html

https://www.meilleurtaux.com/comparateur-assurance/mutuelle-sante/guide-mutuelle-sante/qu-est-reellement-desertification-medicale-france.html

 

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